PeppaPisse et le gloryhole magique

> tentacules, supermarché et petite cochonne

PeppaPisse Lidltown est une jeune cochonne ravagée par la vie. Elle bosse comme caissière dans l'une des grandes surfaces ultra lowcost de la ville. Toute la journée elle scanne des articles, salue des gens éteins, essaie de sourire aux enfants braillards et se pâme devant les quelques beaux et rares jeunes hommes qui viennent acheter leur mousse à raser puante. Le soir, elle rentre épuisée dans un appartement d'une pièce à quelques rues de là. Elle regarde la télévision, fait du point de croix et appelle sa mère pour essayer de lui raconter sa journée. Ensuite, elle se couche seule, se branle parfois et finit par déchiffrer quelques pages d'un roman à l'eau de rose d'occasion avant de s'endormir.

La vie de Peppa est morne et répétitive. Parfois, alors qu'elle passe son scanner sur un plat préparé exotique, elle s'imagine des aventures, des voyages lointains au bras d'un tarzan germain monté comme un baudet. D'autre fois, elle rêve de suites improbables à ces romans de gare qu'elle s'enfile à longueur d'année. Mais, en vrai, il ne lui arrive jamais rien.

La disparition

Un soir, tout bascule. Sa mère l'appelle alors que Peppa est à peine rentrée. Horreur : Petit-Frère-George a disparu. George qui ressemble à un acteur belge trisomique très connu n'a plus donné signe de vie depuis trois jours. Maman est inquiète, elle aimerait que Peppa se rende au centre pour essayer d'en savoir plus. Peppa prend congé, se fait insulter parce qu’elle n'est soi-disant pas assez disponible, on lui dit qu'elle est sur la sellette.

Elle part à pied, le lendemain, sous la pluie. Au centre, on lui confirme que Petit-Frère-George s'est fait la belle. Mais quelque chose inquiète Peppa : le dinosaure de George est toujours dans son lit. Petit-Frère-George ne serait jamais parti sans son dino. Peppa va pisser. Les toilettes femmes sont hors service, elle se rend donc dans celles des hommes. Elle adore les toilettes hommes, ses odeurs, ces choses que le lieu lui suggère. Elle s'assoie et urine. À hauteur de son visage, creusé dans la parois de bois, un trou circulaire de cinq centimètres de diamètre. Au-dessus, une phrase "je te suce". Pas de doute, le trou béant est un gloryhole. Peppa cherche du papier, le distributeur est vide. Elle cherche sur la cuvette, en dessous, près du pot. Pas de papier mais une chaussure : celle de Petit-Frère-George. C'est donc ici qu'il a disparu mais par où est-il passé ?

En sortant, Peppa repasse devant l'accueil, un prospectus étrange attire son attention. C'est une pub pour une maison de production de films pornos. Elle demande à la Stewart qui a déposé ça là. On lui répond que c'est un homme élégant vêtu d'un costume blanc : Jacky Noël, il était venu rendre visite à plusieurs pensionnaires. "Est-ce qu'il a été voir petit frère George" demande Peppa ? "Aucune idée". Peppa prend le papier, le fourre dans sa poche et prend le chemin de la maison. En route, elle analyse la publicité. Du jaune, du rose, des fesses, des nibards et des queues dressées comme des statues. On vante la qualité des dernières VHS et la prestation de Tabata dans mono-burne explose des fions par Jackie Noël. Puis on propose un abonnement : une cassette par semaine pendant trois mois pour seulement 2000 Francs. Bon de commande à renvoyer au 77 Chaussée de Beaumont, 6010 Mont-sur-Marchienne.

Le VHS2000

Le lendemain, Peppa se rend à l'adresse indiquée. Une grosse maison blanche, une maison de maître, trône au milieu d'une ribambelle de logis/dépotoirs. Une grille, une caméra, un panneau annonçant qu'un chien méchant monte la garde. Peppa hésite. En face de la belle demeure, un sexe-shop miteux : le VHS2000. Peppa traverse et pousse la porte. L'intérieur est sombre, sur un écran passe un film de boules suédois. Derrière son comptoir, le vendeur indien la lorgne d'un air soupçonneux. Une affiche au mur informe : gloryhole au sous-sol, plaisirs aveugles garantis. Peppa descend en faisant mine de rien. Un vieux aux jambes maigres et à la panse de buveur est en train de nettoyer les cabines à vidéo. Il pousse sa raclette et trempe son torchon de temps en temps dans un seau à l'eau trouble. Peppa entre dans l'une cabine surmontée d'un panneau gloryhole. Un trou dans la parois, souillé mais rien ne se passe. Elle tente de regarder au travers, rien, juste l'obscurité.

"Que peux bien faire une jeune fille de bonne famille dans un endroit comme celui-ci ?" demande le vieux appuyé sur sa raclette. Peppa ne dit rien. "Hey j'te cause ma jolie" reprend l'homme de ménage. Peppa se tourne vers lui et explique qu'elle est à la recherche de son frère disparu. Elle ne sait pas comment mais il semblerait que Jackie Noël soit lié à sa disparition et les gloryholes aussi. "Hummm..." gémit le vieux. Il tire une canette de sa poche de poitrine et l'ouvre. "Ce Jackie est un type étrange. Certains disent qu'il vient de loin, très loin et qu'il n'est même pas tout à fait humain". "Comment ça ?" Demande Peppa intriguée. "Sais-tu qu'il existe un monde à l'intérieur des gloryholes jeune fille ? Chaque gloryhole est une porte d'accès vers ce monde." Le vieux s’apprête à en dire plus lorsque le vendeur du haut descend et gueule : "Alain, t'as pas du boulot ?!". Le vieux grogne et retourne à son torchon foutreux. "Quand à vous", dit le vendeur en se tournant vers Peppa, "si vous ne comptez rien acheter, allez-vous en. Ce n'est pas un musée ici".

Peppa sort, jette un dernier coup d’œil à la maison de Jacky Noël et rentre chez elle. Le lendemain, elle est de retour derrière sa caisse. Elle a appelé la police mais ils n'ont pas l'air inquiets. "Un maboule qui s'promène ma p'tite dame, c'est pas bien grave, y va revenir". Peppa scanne, plongée dans ses pensées. Cinq paquets de serpillières avec un petit papier posé dessus. Peppa lève la tête, c'est le vieux à la raclette de VHS2000. Il sourit, paie et se barre. Peppa fourre le petit papier dans la poche de son tablier de fonction. Elle a tout juste eu le temps de voir ce que c'était. Un numéro de téléphone et un mot : géoglorygraphe.

Le géoglorygraphe

Le soir, Peppa s'arrête dans une cabine téléphonique trop impatiente que pour attendre d'être rentrée chez elle. Elle compose le numéro du petit papier. Ça sonne. Une voix glaireuse. "Que voulez-vous ?". Peppa ne sait pas trop quoi dire. "Heu, vous rencontrer, j'ai eu votre numéro par un type de chez VHS2000. J'ai des questions, mon petit frère George a disparu. Quoi, oui, il y avait un gloryhole pas loin". La voix donne une adresse à Peppa qui l'écrit sur sa main à l'aide du bic qui pend au bout d'une chaîne attachée à l'appareil téléphonique. Peppa ne prend pas le temps de rentrer chez elle et s'enfonce dans une bouche de métro.

Peppa arrive devant un grand immeuble miteux des années 70. Elle sonne au 3 A comme convenu. La gâchette de la porte s'ouvre, elle entre et prend l'ascenseur. Un homme lui ouvre la porte de l'appartement. Quarantenaire, gros et voûté, les cheveux sales. Il jette un œil à droite puis à gauche avant de laisser entrer la jeune cochonne. L'appartement est chichement équipé. Une cuisinière, un frigo, une table, un lit et une porte qui donne sûrement sur les toilettes. Par contre, le reste des murs est recouvert d'étagères qui ploient sous les livres et les VHS.

'homme tire une chaise et invite Peppa à s’asseoir sous l'unique néon de la pièce qui éclaire la table. Il s'éloigne un instant puis revient avec deux verres et une bouteille de soda. Il sert Peppa puis s'éloigne à nouveau. Cette fois, il porte un long tube sous le bras, un plan ou une carte qu'il déroule soigneusement sur la table. Une vingtaine de cercle noir sont relié par un entrelacs de lignes. On dirait un plan des égouts avec les taques d'explorations et les différentes conduites.
"Glorytown...". L'homme laisse résonner le mot dans l'appartement. "Glorytown est une sorte de plan parallèle à la ville. Vingt gloryholes permettent d'y accéder. C'est un monde né de la magie, la magie de Jacky Noël". "Jacky Noël est un mage ?" demande Peppa. "Je ne sais pas exactement" répond l'homme. "Cela fait des années que j'étudie Glorytown et Jacky Noël, c'est pour ça que certains m'appellent le Géoglorygraphe, mais je ne sais pas encore tout. J'ai même commencé à explorer l'une ou l'autre des allées du plan mais je n'ai jamais réussi à aller bien loin". "Pourquoi ?" demande Peppa. "Pourquoi ? Parce qu'il y a là-bas des monstres extraterrestres qui protègent Noël". "Des monstres ?" "Oui, des créatures abjectes et poisseuses dotées de tentacules". "Et que fait Jacky Noël là-bas et pourquoi y aurait-il amené Petit Frère George".

Le géoglorygraphe reste silencieux quelques instants puis il reprend : "je pense que Noël se livre à des expériences. Je pense que Noël est lui-même un extraterrestre et qu'il nous étudie. Sa société de production porno n'est qu'une couverture et sans doute cela l'amuse t-il aussi". "Et pourquoi des Gloryholes" demande Peppa, "pourquoi ne pas avoir installé son laboratoire dans une usine ou un vieux bâtiment ?". "Je pense", dit le Géoglorygraphe, "que Noël est simplement fou et que ce plan est la manifestation de sa bizarrerie. Son plan lui ressemble, tordu, vulgaire, méchant. Quoi qu'il en soit, je pense effectivement que ton frère est là bas. Je ne sais pas exactement ce que Noël compte lui faire mais il faut agir, vite".

Préparer l'assaut

"Pourquoi m'aidez-vous", demande encore Peppa. "Ohhhh, l'étude est l'observation est une chose mais, un jour ou l'autre, il faut passer à l'action".
"Comment ?"
"Nous allons lancer un assaut". L'homme pointe un Gloryhole sur la carte. "Si mes calculs sont bons, cette entrée est la plus proche du centre de Glorytown. C'est par là que nous devons nous faufiler". "Nous ?" "Oui, nous. Toi, Alain et moi. Mais avant, il faut nous équiper. Tu as de l'argent ?"

Le soir même, Peppa et le Géoglorygraphe passent prendre Alain au VHS2000 et se rendent ensemble à la ville basse dans l'arrière boutique d'un petit bar à motards. Une grande quinquagénaire couverte de tatouages et cuir est assise derrière une table. La pièce est enfumée. Sur la table, des dizaines d'armes à feu sont alignées à côté des munitions correspondantes. Alain choisit un fusil à pompe, le Géoglorygraphe préfère un pistolet mitrailleur tandis que Peppa jette son dévolu sur un 357 Magnum rutilant. "Très bon choix mes petits oiseaux, ça fera 60000 francs". Peppa paie, scanner des carottes pour s'acheter des calibres. Elle qui avait toujours pensé que cet argent lui servirait à passer 15 jours sur une île tropicale avec l'homme de sa vie. Soit. Petit Frère George avant tout.

"Vous êtes sûr de vous ?"
"Oui."
"Mais c'est là que je travaille, dit Peppa."
"Et alors ?"
"Ben, il n'y a pas de gloryhole ici."
"Ha non ?"

Alain force la porte arrière de la grande surface lowcost. Le Géoglorygraphe entre le premier et se dirige vers les toilettes destinées aux clients, porte handicapé. "Allons-y". Et effectivement, à portée de pine, un trou dans la parois. Peppa réfléchit à l'architecture du magasin. Si elle ne se trompe pas, là juste derrière, c'est le bureau de la direction. Le Géoglorygraphe passe deux doigts dans le gloryhole et tire vers le bas. Le trou s'agrandit, il tire encore et écarte dans les autres directions. Bientôt, le trou est suffisamment grand pour que tous les trois s'y engouffrent.

Glorytown

Peppa passe la première et déboule dans un boyau en ciment éclairé par des néons. Ses pieds pataugent dans un ruisselet fangeux, sorte de mélasse laiteuse et aigre. Elle est prise d'une forte envie de vomir. Alain la suit et ne parvient pas à retenir les nombreuses bières à deux sous qu'il s'est envoyées juste avant. Le géoglorygraphe, lui, se contient et reste sur ses gardes, son pistolet mitrailleur braqué devant lui. On ne peut qu'avancer dans cette portion. Le groupe se met donc en route et arrive rapidement à un croisement. "Par où ?" demande Peppa. "Droite" répond le Géoglorygraphe à voix basse. A dix mètres une créature se tient au milieu du boyau. Elle mesure 1m50 environ, est dotée de trois tentacules sur le haut et dégouline de morves blanchâtre. Le groupe avance prudemment mais la créature les repère et se met à hurler en se précipitant vers eux. Alain fait un pas pour se positionner devant Peppa et ouvre le feu Pan Pan le fusil à pompe ne fait pas de quartier, la créature est découpée en deux, brutalement. "Continuons, de toute manière maintenant, ils savent qu'on est là".

Encore un croisement. À gauche cette fois, le tunnel débouche sur une sorte de placette. Là, une dizaine de monstres se touchent les tentacules dans de grands bruits de succion. Le géoglorygraphe s'avance et ouvre le feu avec son pistolet mitrailleur racatacatac racatacatac. Peppa loge une balle de 357 dans le haut d'une bête alors qu'une autre saisit Alain à la jambe. L'homme hurle de dégoût et vide son fusil à pompe à bout portant. Il tombe au sol recouvert de bave. Pan Pan, Poum Poum, Racatacatac. La fusillade dure à peine vingt secondes mais le groupe est efficace. Toutes les créatures gisent au sol plus ou moins mutilées. Au fond, le boyau se poursuit.

Une partie du tunnel s'est effondrée sur la droite, ouvrant sur une petite caverne devant laquelle le groupe passe prudemment. Le ruisselet est un peu plus profond à cet endroit. Peppa hurle. Quelque chose vient de lui saisir la cheville. Une créature se cachait dans le jus. Alain va pour l'aider lorsque cinq bestioles jaillissent de la caverne, brandissant leurs tentacules. Le géogloryrgaphe s'interpose, les bêtes l'entourent. Racatacatac Racatacatac, rien n'y fait, elles sont trop nombreuses cette fois. Alain dégage Peppa et dézingue la bête qui lui retenait la jambe. Ensuite, épaule contre épaule, ils tirent en direction des assaillants du géoglorygraphe. Les tirs sont imprécis, les bêtes gourmandes et poisseuses, des hurlements, du sang, le géoglorygraphe gît dans la fange, une partie du visage emportée et un trou énorme dans la poitrine. "C'est moi qui ai fait ça" demande Peppa ? "Aucune idée" répond Alain, "allons-y, nous ne pouvons plus rien faire pour lui". Il tire Peppa par le bras.

Après quelques crochets dans Glorytown et une vingtaine de créatures détruites, ils parviennent à une salle haute de plafond. Au centre, Petit-Frère-George est ligoté à une table, défroqué et derrière en l'air. Jacky Noël s'approche de lui tenant dans sa main gantée une mélasse bourgeonnante et suintante. “L'heure de l’inoculation est arrivée” hurle t il en poursuivant par un grand rire. Peppa hurle, Alain tire. Trop tard, Jacky Noël a enfoncé la chose dans l'anus de Petit-Frère-George.

Jacky Noël

"Qu'avez-vous fait ?!" Hurle Peppa. Petit-Frère-George, bâillonné, secoue la tête de gauche à droite.
"Un test ma chère. Allons ne faites pas la prude, ce n'est qu'une sodomie en quelques sortes. Sauf que celle-ci laisse des traces importantes ou des séquelles évolutives si vous préférez".
"Écartez-vous", ordonne Peppa.
"Allons mon petit, vous êtes ici chez moi. Vous ne sortiez jamais de GloryTown, vous allez devenir, vous aussi, l'un des nôtres".
"L'un des nôtres ?"
"Oui, je suis le chef des colons (si je puis dire vu la condition présente de votre frère) de Zoor. Notre but est de vous assimiler par le ventre. Ou plutôt par le fondement mais ce n'est qu'un détail. Notre race vit sur une planète dont les vôtres se rapprochent dangereusement. Plutôt que de vous repousser quand vous arriverez, nous avons fait le choix de vous assimiler sur votre propre sol. Judicieux non ?"
"Comment ?" balbutie Peppa.
"Grâce à ceci", dit Noël en montrant un morceau de mélasse qu'il tire d'un bidon en plastique bleu. "À certaines étapes de notre vie, nous ressemblons à un mucus ou un champignon plutôt. Une partie d'entre nous est sacrifiée pour devenir des mères, une sorte de semences que nous inséminons pour créer d'autre nous".
"Mais c'est horrible !" s'offusque Alain.
"Allons, mon bon monsieur, voyez votre condition, l'avenir de votre race. Qui d'entre nous est réellement le plus laid, le plus horrible."
"Mais pourquoi George ?" Demande Peppa.
Noël part d'un grand rire.
"Voyez-vous, les humains révèlent quelques petites surprises. Notamment celle-ci qui est tout bonnement hilarante. Les effets de l’insémination son inversement proportionnelle à l'intelligence du porteur. Le retard important de Petit-Frère-George devrait en faire un spécimen redoutable. Au plus ils sont cons, au plus ils sont puissants. Et croyez moi, cette région nous gâte. Vous êtes du pain béni comme vous dites".
Alain demande : "mais pourquoi les gloryholes, pourquoi le porno, pourquoi avoir souillé tout ça ?"
Peppa s'impatiente, qu'importe en fait. Mais Alain insiste.
"Hum simple question de goût", répond Jacky. "Et puis, quitte à fréquenter votre race, autant choisir les spécimens les plus open. D'autant plus que je peux me transformer comme vous le voyez. Qui cracherait sur une bonne petite levrette ? Hum... AH voilà qui commence."

La transformation de Petit-Frère-George

Petit-Frère-Georges ne se sent pas très bien. Des spasmes et des convulsions agitent son corps potelé. Il hurle. Son anus gonfle comme un soufflé trop cuit. Sa peau prend une teinte blanchâtre. Il se contorsionne.
"Ça y est, voilà," dit Noël, "vient voir papa mon tout beau !"
Les yeux écartés de Petit-Frère-George s'éloignent encore plus l'un de l'autre et les orbites s'agrandissent, les globes coulent. Sa nuque raide s'allonge, son cou se transforme en tentacule au bout duquel sa tête ridicule grimace.
"Oui, oui, oui", encourage Noël tandis qu'Alain s'évanouit et que Peppa est figée d’effroi.
Le corps entier de Petit-Frère-George est en train de muter. Il perd ses détails, les mains, les pieds. La masse grandissante s'arrache de ses étraves et se redresse. La chose grossit encore et d'autres tentacules poussent sur le dessus de ce qui était son torse.
Peppa vomit, Alain ne bouge pas sur le sol. Noël jubile : "il va être parfait !"
La bête parvient à la fin de sa transformation, sa peau est devenue un mucus blanc, sa chair une mélasse de la même couleur. Plus trace de visage ni d'autre appendice que les trois tentacules qui s'agitent vers Peppa. La créature mesure plus de cinq mètres de haut et empeste l’urinoir de fin de soirée.
Noël claque des mains, tend ensuite le doigt vers Peppa et ordonne : "tue là !"

La fureur de Peppa

Peppa sort de sa cataplexie, sa couenne est en jeu. Une vraie caissière ne se laisse pas abattre. Elle vide le barillet de son magnum sur le monstre qui avance vers elle. Puis, elle arrache son fusil à pompe à Alain et fait feu. Elle recharge, feu encore. Puis elle comprend son erreur. La créature est trop puissante. Trop bête que pour avoir peur, trop primitive que pour mourir rapidement.

Elle se dirige alors vers Noël qu'elle met à terre d'un balayage parfait. De son groin, elle fourrage la tambouille qui lui sert de ventre sous sa forme humaine et lui dévore les entrailles. Elle le retourne, le déculotte et lui envoie deux cartouches de fusil à pompe au plus profond de sa personne. Noël n'est plus. La bête, stupide avance toujours vers un boyau trop petit pour elle et se cogne les tentacules au plafond. Elle fait du sur place.

Peppa gifle Alain pour le réveiller. Rien n'y fait. Elle l'embrasse du bout de ses lèvres couvertes de sang et de morceaux d'intestins. Alain ouvre les yeux. Il se relève, s'appuie sur Peppa et, ensemble, ils prennent la fuite.

La caissière farcie

Peppa est à présent une petite cochonne heureuse qui vit avec son jules bedonnant qui la farcit de temps en temps. Elle pense encore parfois à George et l'imagine là-bas, au fond, jouer avec son gros tentacule sur les bords de Glorytown. Peppa est toujours caissière dans le même super marché ultra lowcost mais elle a enfin trouvé un sens à ce travail (non je déconne, elle boit, sort de sa sixième fausse couche et envisage de tapiner pour s'offrir une nouvelle télé couleur).

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