Pensée du soir…

Il est 22h59 tout le monde dort à la maison.

† Je viens de mettre en ligne une nouvelle page « Le livre des idées avortées« . C’est là que je vais mettre tout ce qui déborde question concept. J’écrirai ça rapidement, au fur et à mesure, en mettant le plus de liens et de références possible.

† Depuis quelques temps, j’ai envie de travailler sur un jeu de pirates à l’époque des charbonnage avec un côté Pimp My Ride. J’ai posté un proto-pitch dans un groupe d’auteurs de jdr, ça a été un flop d’incompréhension (à une exception près). Il faut donc que je revois la manière dont je présente mes idées. Mais pour l’heure, voici une partie de ce que j’ai déjà écrit. Attention…c’est « râpeux »…

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CORTEZ ** *****
Piraterie au temps des charbonnages

Quand Germinal rencontre l’île au trésor et l’Agence-Tous-risque en version NSFW !

Avertissement

Cortez n’a d’autre prétention que de fournir un cadre particulier à un jeu de pirate. Il ne se compare en rien à une mastodonte de connaissance tel Pavillon Noir et n’est en rien un jeu historique. Les libertés prises avec la réalité, la cohérence et le reste sont aussi grosses que la bêtise humaine. Ne cherchez donc pas en ces lignes de vérités sur la piraterie, ni plus sur la navigation, ni même sur le vrai Charleroi. Ceci n’est que fables et fariboles avec un arrière goût de poiscaille et de gin à deux sous.

Présentation

CORTEZ ** ***** est un setting pour le jeu de rôle. Les joueurs y incarnent des pirates luttant pour leur survie dans un dédal de canaux infestés de monstres géants tout en essayant de prendre le contrôle du fameux CHAPELET NOIR, l’archipel trois fois maudit situé au centre de SAMBRE, le fleuve spirale.

Entretenez et tunez votre bateaux, coulez (capturez) celui de vos adversaires, tuez des monstres et explorer les recoins cachés des canaux vaseux, établissez des commerces, marchandez, volez, extorquez. Si vous ne prenez pas le dessus sur les autres, vous finirez la panse ouverte ficelé comme une morue à l’ancre d’une péniche ou au fond du gosier puant d’un silure titanesque.

Sambre, le fleuve spirale

Sambre est un fleuve épais, lent et huileux qui s’écoule en une longue spirale paresseuse. Sept fois qu’il s’enroule Sambre, à travers une campagne miséreuse piquée de charbonnages essoufflés et de hameaux oubliés. Des joncs fins qui tremblent sous le vent recouvrent ses berges fatiguées tandis que des nénuphars racornis aux teintes pisseuses abritent à une faune rachitique et apeurée.

Sambre la noire, parfois mâle, parfois femelle infestée de poissons cauchemardesques. Une poiscaille impie, léviathans aveugles, qui chasse et baise dans ses eaux troubles. Surgissant de la vase, les monstres bouffent du batelier, ne recrachant que le fer des armes et les cris d’horreur poussés par des gorges béantes. On les chasses, les bêtes. Pour la gloriole ou juste pour ne pas crever. Rarement on les manges car elles puent la vase et la fumée des rafiots à vapeur. Il arrive qu’elle gisent aussi, à moitié dévorées par leurs semblables, toquant contre les lourdes portes de fer qui ferment les écluses rouillées.

Et il y en a des écluses ! Elles dissimulent, coquines, des canaux qui creusent des raccourcis irréguliers et peu sûres de boucles en boucles, pourfendant le cours du fleuve de chemins de traverses empruntés seulement par les plus hardis au sang échauffé.

Il est long, Sambre, et mal famé. Hanté par des pirates de tous bords. Ce sont d’anciens mineurs jetés là par la fermeture des charbonnages moribonds ou encore des vagabonds, des types qui ont tout perdus, des criminels, des ivrognes violents et cruels qui cherchent à fuir l’ennui ou à tâter la fortune. Elle est mooooche la populace de Sambre !

De ci, de là, des ports minuscules fendent les rives et écartent les cuisses pour accueillir ces butors de kermess. On y trouve du charbon, du gin, toujours des restes de filles et parfois des pièces détachées ou de la tôle pas trop froissée.

Et il en faut des pièces pour les rafiots. Pas de chaloupes policées ni de trois-mâts briqués de frais par ici. Ce n’est que péniches séniles, remorqueurs fatigués et bateaux de pêches reconvertis en sabordeurs. Une flottille déguenillée, un cancéreux de fer à la dérive qui crache une épaisse fumée noire peinant à décoller dans le ciel toujours gris. Les gars du fleuve font ce qu’ils peuvent pour ne pas prendre l’eau et rafistolent leurs embarcations avec les moyens du bord. On investit dans du blindage, dans un harpon supplémentaire. On achète une cargaison de charbon pour remplir la cale et voguer encore quelques temps. On amasse jalousement un arsenal pour ne pas finir au fond de Sambre, coulé par une bande adverses ou déchiqueté par un monstre. Car les risques et les combats sont nombreux, les pillages, les abordages monnaie courante. On tue, on éventre, on égorge et ont fait mal avec des armes qui n’en sont pas vraiment. Pioches, haches de mineurs, couteaux, piques, fourches. Sur Sambre, on tue comme on est…minablement.

Et tout ça pourquoi ? Pour cinq îles de mauvaises vies qui forment un archipel trois fois maudit au bout du fleuve. Le Chapelet Noir, source de vicieux fantasmes et de rêves fiévreux qui poissent les draps rongés de vermines dans les cales puants la sueur et les relents de chaudières.

Mais qui veille sur ce foutoir ? Personne. Hormis, une poignée de dieux invoqués à tour de bras par 1000 bouches édentées qui ne les méritent pas. Un panthéon misérable, de 5 couillons que l’on craint autant qu’on ne les aime et inconnu partout ailleurs. [Sainte-Sambre] règne sur cette cours divine. Matrone entre deux âges, bouille à baise aux courbes généreuses, elle est souvent représentée, croquées ou sculptée, sous les traits d’une sirène à la lourde poitrine et à la longue chevelure trempée, armée de deux harpons. On la prie pour tout et pour n’importe quoi et on lui dresse des autels à la surface de l’eau. Tout près, tout près des flots afin que de pouvoir lui chuchoter des crasses à l’oreille. Il y a aussi [Le noyé]. Un gamin débil, farceur d’un temps qui tomba un jour à l’eau pour ne jamais revenir. Allez savoir pourquoi, il monta au ciel avec les autres couillons et on se tourne à présent vers lui quand on cherche quelque chose. Le noyé serait le dieux des chasseurs de trésor s’il y avait des trésors sur Sambre. Puis, il y a [La Fausse Borgne], une vieille bougresse tordue. Elle est invoquée par les mourants et ceux qui s’apprêtent pour le combat. Il ne faut pas oublier [La Lavandière], jeune étourdie penchée sur la rive, décolleté béant qui frétille tel un appât, tentant le marin pour le ramener à terre. On ne parle pas de l’offrande qu’on lui verse mais tout batelier solitaire sait de quoi il s’agit. Et enfin, il y a l'[Éclusier]. Il est connu sous les traits d’un vieillard barbu confit dans le gin et fumant la pipe, une bouteille à la main. Il est le dieu de l’ivresse, de la fête et de tout ce qui est hasardeux. Les pirates lui versent les fonds de verres en guise d’offrande ou récitent son nom lorsqu’ils curent leur pipe par dessus le bastingage.

Voilà Sambre, sans pudeur et sans fard. Une lieu parmi d’autres, ni plus, ni moins sauf pour ceux qui tentent d’y survivre.

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Qu’en pensez-vous ?

Je suis en train d’écouter Earl SweatshirtJe et, si vous ne connaissez pas, vous devriez essayer !

 

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