Gnomes, friture et bave de limaces

Sais-tu ce qu'est un gnome mon petit ami ?

Non ?

Un gnome est une créature qui ressemble beaucoup à un humain. Sauf qu’il est plus petit, de la taille d'un grand enfant environs. Et surtout, il est beaucoup plus trapu. La plupart des gnomes adultes, les messieurs du moins, affichent d'ailleurs une grosse bedaine et un visage potelé, bien souvent mangé par une longue barbe blanche dans laquelle ils aiment tresser des perles. Les dames affichent aussi quelques rondeurs mais cela leur va très bien. Elles prennent grand soin de leur longue chevelure qu'elles arrangent de mille manières différentes et aiment les bijoux en bois et en métal précieux. Quelque soit leur âge, les gnomettes sont très coquettes.

Les gnomes ont l’habitude de porter sur la tête un haut chapeau conique, toujours noir. Comme l'ensemble de leur tenue à vrai dire. Ce chapeau ne les quitte jamais, de leur naissance à leur dernier souffle. On dit même que le celui des plus vieux gnomes est carrément collé à leur crâne.

Attention, ce n'est pas parce les gnomes sont tout le temps habillés de noir que ce sont des gens tristes. Pas du tout. Oh, ils sont parfois un peu distants, c'est vrai. Surtout avec les inconnus. Et certains ont même l'air grave, particulièrement chez les plus anciens. Mais les gnomes sont avant tout un peuple loyal. Ils sont fiers et fort attachés à leurs traditions ainsi qu’à leurs familles. Ils aiment aussi les contes, les légendes, le travail manuel, la lecture et la musique. Ils affectionnent autant les grandes fêtes de famille que les soirées tranquilles au coin du feu.

Une dernière chose à savoir... Les gnomes adorent les frites, bien salées et en satcho si possible. D'où leur vient cette passion pour la frite ? Nul ne le sait. Quoi qu’on raconte que c'est un gnome qui a inventé le satcho, le paquet de frite si tu préfères. Qui ? Comment ? Tu l'apprendras dans un instant.

Mais pour l'heure, commençons notre histoire…

Cet été-là, tous les jeunes gnomes de Vreurshtad sont en camp d'initiation dans les marais de Olenfreuf. C'ést en fait une tradition. Chaque année, à la même date, les petits gnomes passent trois semaines loin de leur famille pour apprendre la débrouillardise, écouter des histoires, pratiquer la navigation et profiter de belles et longues soirées autour des feux crépitants. Ils dorment tous sous tentes, se lavent à l'eau de mer et doivent se débrouiller pour cuisiner, laver leur linge et protéger leur campement.

Olenfreuf est un morceau de terre tout plat et poissé d'eau. Le marais s'étend à perte de vue de tous les côtés. La mer n'est pas loin. Si bien qu'en plus des rats musqués, des canards, des hérons et autres habitants du coin, on voit aussi parfois passer une mouette dans le ciel gris. Il ne fait pas bien chaud à Olenfreuf, même en été. C'est d'ailleurs pour ça que l'on organise le camp dans cette région, c'est d'autant plus difficile de se débrouiller par ici. Mais les petits gnomes ne s'en lassent pas. D'autant plus qu'aujourd'hui est un jour particulier.

C'est le jour des frites !

Otton, le fritier a installé sa gargote sur une partie sèche et surélevée du grand marais. La baraque à frite, comme l'appelle les gnomes, est en fait une petite roulotte en bois et en tôle tirée par un porc. Otton y a installé ses grandes marmites remplies de graisse de friture. Une cheminée tordue perce le toit du véhicule et un panneau de bois coulissant permet aux gnomes de passer leur commande. La baraque n'est pas bien stable et lorsqu'Otton y bouge son gros derrière, tout se met à trembler. La cheminée grince d'agacement et parfois les marmites débordent. On entend alors Otton jurer et crier lorsque quelques gouttes de friture brûlantes lui tombent sur les pieds.

Le soir est en train de tomber. Les petits gnomes ont allumé les grands feux et forment maintenant une longue file devant la baraque à frite qui fume comme les narines géantes d'un dragon en train de ronfler. L'odeur est merveilleuse, pénétrante et la plupart des jeunes clients a déjà l'eau à la bouche en imaginant le goût de ses frites croquantes, dorées, bien cuites et bien servies, saupoudrées d'une grosse quantité de sel. C'est que les gnomes aiment les frites bien salées. Ils ont d'ailleurs toujours deux ou trois poignées de sel dans leur poche au cas où un fritier aurait la main trop légère.

Lorsque Otton ouvre le volet de bois, des cris s'élèvent dans le marais. Les jeunes gnomes piétinent d'impatience. Pendant ce temps, Goering, le porc d'Otton veille sur la file de petits gourmands, s'assurant qu'aucun n’essaie de passer devant les autres. La grosse bête laisse traîner son groin gluant sur les vêtements noirs des enfants qui ne manquent pas de lui mettre une gentille tape sur le dos ou de lui gratter l'échine. Goering perd alors de vue sa mission et profite des chatouillis en grognant d'aise. "Goering !" gronde alors la grosse voix d'Otton, “laisse nos jeunes clients tranquilles ou je te transforme en graisse pour ma friture”. Lorsqu'il entend ces mots, le porc joue les fâchés, il se retourne, montre son derrière grassouillet à son maître et disparaît un peu plus loin fouiller la boue du marais à la recherche d'un petit casse-croûte.

N'allez pas croire qu'Otton n'aime pas son gros cochon tout noir. Que du contraire. Chaque soir, lorsque la friterie mobile est fermée, Otton s'assoit contre sa gargote, à même le sol. Il allume sa pipe et tire un grand seau dans lequel il garde les restant de frites de la soirée. Là, Goering couché sur ses pieds, il prend le temps de donner à manger à son ami, comme une maman poule qui nourrit son petit. Avec ces gros doigts, il glisse une par une les frites toutes fripées dans la gueule de l'animal. Mais chaque chose en son temps. Et à présent, c'est l'heure de manger !

"Les frites sont prêtes !" L'appel du fritier résonne par-dessus les cris, les enfants se pressent d'autant plus devant la petite trappe. Un à un, les satchos émergent, tendus par la paluche énorme d'Otton qui ne s'arrête plus jusqu'à ce que tout le monde soit servi. Les petites mains des jeunes gnomes, saisissent les paquets et quittent illico la file pour aller déguster ses délicieuses frites un peu plus loin. Un silence se fait alors dans le marais et l'on entend plus que les joncs battre sous le vent et le bruit des bouches qui mastiquent. Grounch grounch grounch. Quand on mange des frites on se tait et on profite. Tous les petits gnomes savent ça. Les mains sont grasses, les mentons couverts d'huile et de sel, les bedons se tendent et les mouvements se font plus lents. On retourne les satchos pour attraper les dernières frites coincées au fond. On se pourlèche les doigts, salés bien comme il faut. Bientôt, tout le monde à très bien mangé et tente de se traîner plus près des feux en attendant le début des histoires.

Habituellement, ce sont les plus grands des jeunes gnomes qui racontent des histoires aux autres. Mais Otton étant encore dans le coin, son service étant terminé et le gaillard ayant envie de causer un peu, c'est lui qui prend ce soir les commandes de la veillée.

"Mes petits amis. J'espère que les frites vous ont plus ?!" Un cœur de oui lui répond et fait fuir par la même occasion une famille de canard qui partait se coucher. "Ce soir, je vais vous raconter une histoire fabuleuse qui fait la fierté de notre peuple. Voici, la truculente histoire de l'invention du satcho de frites". Une nouvelle salve d'acclamation accueille cette bonne nouvelle. Évidemment, tous les petits gnomes connaissent cette histoire mais aucun ne se lasse jamais de l'entendre.

L'invention du satcho de frite

Un jour qu'il s'était arrêté devant une baraque à frites qu'il ne connaissait pas et attendait de se faire servir un paquet gros comme sa tête, maître Spengler commençait à s'impatienter. Le fritier, vil coquin, semblait manquer de barquette pour y mettre les frites de son ultime client. C'est que oui, à cette époque, les frites étaient servies dans de petites barquettes pas très pratiques. Allons pressez vous ! disait Spengler au malheureux fritier qui retournait toute sa baraque pour trouver un dernier paquet. Allons, allons ! En plus vos frites sentent terriblement bon ! Vous le faites exprès. Le fritier se démenait pourtant, regardant sous les fourneaux, fouillant ses braies au cas où. Rien. Plus le moindre paquet. Or son client, Spengler l'impatient, devenait rouge comme un champignon vénéneux et son courroux pouvait être tout aussi indigeste. Je fais ce que je peux, répétait le fritier. Incapable, pleutre, roustaux beuglait Spengler. N'y tenant plus, il enleva son chapeau pointu, le retourna et le tendit au fritier. Tenez, dit-il, je n'y tiens plus, servez moi là dedans ! Le fritier hésitait, pouvait-il souiller le couvre-chef du maître ? Mais il n'osa pas le contrarier plus longtemps. Il prit le chapeau, le remplit de frite à ras-bord et y mit presque une demi livre de sel par-dessus. Spengler saisit son chapeau/frite avec brusquerie et s'en alla tranquillement déguster son repas. C'est ainsi qu'était né le satcho de frite.

"Et maintenant au lit !" Ordonne Otton, passant du rôle de conteur à celui de dompteur de petits monstres en un instant. Les jeunes gnomes ronchonnent brièvement mais aucun n'ose élever la voix. Tous rentrent dans leur petite tente et s'endorment tranquillement en pensant à leur prochain satcho.

Le matin suivant…

Armelle ouvre un œil. Elle a fait un drôle de cauchemar cette nuit. Une chose étrange, grasse et gluante attaquait le campement et mettait tout sens dessus dessous. Elle jurerait même avoir entendu le vacarme de l'attaque pour de vrai. Mais, avec le ventre rempli de frites comme il l'était, elle n'aurait de toute façon pas pu bouger. Armelle est une grande gnome. Elle n'est pas la plus âgée mais presque et puis c'est elle qui en impose le plus. Elle secoue Vries qui dort encore à côté d'elle et, ensemble, elles ouvrent la toile de la tente.

Horreur !

Les tentes sont intactes, petits tipis dressés dans la grisaille du matin. Mais une sorte de rivière gluante traverse le camp d’un bord à l’autre. Sur la droite, elle disparaît dans la lande en zigzagant paresseusement. À gauche, elle s’arrête devant l’emplacement où se trouvait hier encore la baraque à frite qui a disparu. Armelle et Vries se précipitent en prenant garde de ne pas marcher dans le liquide gluant. En plus, la longue trainée ne sent vraiment, vraiment pas bon ! Lorsqu’elles arrivent à l’emplacement de la baraque, il n’y a plus rien du tout. Plus de roulotte, plus de Goering, plus d’Otton et plus aucune réserve de frites.

“Que s’est-il passé” demande Vries ? Armelle réfléchi, ses yeux vont de droite à gauche, de gauche à droite, elle avance un pied botté de noir vers la traînée géante de morve. Son pied s’y enfonce en faisant floukche et y reste presque collé. “Hum”, dit-elle. “Je pense que quelque chose a enlevé Otton, pourquoi, comment, j’aimerais bien le savoir. Et surtout, nous devons aider notre ami ! Va vite réveiller les autres”.

Quelques minutes plus tard, une trentaine de jeunes gnomes entourent Armelle et Vries qui sont montées sur une caisse pour être mieux entendues. Les petits gnomes sont inquiets évidemment et fixent la longue rivière morveuse de leurs petits yeux mal réveillés. “Les copains, l’heure est grave. Quelqu’un ou quelque chose s’en est pris à l’un d’entre nous. Vous savez que le marais abrite de drôles de créatures. Celles qui ont fait ça doivent être énormes et baveuses. Nous n’avons pas le temps de retourner à Vreurshtad pour prévenir nos parents. Nous devons régler cela nous même. Je vous le dis : personne ne s’attaque à notre fritier impunément. Tous au chaland, nous allons remonter cette rivière baveuse et récupérer Otton” !

Les petits gnomes sont bien imprudents. C’est là prendre beaucoup de risques sans préparation mais allez faire changer d’avis un gnome, aussi jeune soit-il !

Le chaland est amarré à un gros pieux planté dans le marais. Il s’agit d’une sorte de bateau que les gnomes utilisent pour remonter les rivières, traverser les marais ou canoter en bord de mer. On ne peut pas dire que les gnomes aient vraiment le pied marin. Mais ce petit peuple a toujours su prendre les bonnes décisions malgré les difficultés. Si c’est mieux d’y aller en bateau, alors on prend le bateau même si l’on préférerait y aller à pied. C’est le côté très pragmatique des gnomes que beaucoup déteste mais qui est tellement plus simple à vivre.

Par chance, la rivière baveuse passe tout contre le marais, en s’y prenant bien et avec un peu d’astuce, les petits gnomes parviennent à pousser le chaland jusqu’à la traînée sans trop perdre de temps. Ensuite, haute la voile, pour capter le peu de vent qui souffle actuellement sur la lande et souquez ferme les chapeaux pointu. Armelle est debout à l’avant du bateau et encourage ses amis à redoubler d’effort. Doucement, le chaland remonte le court gluant de ce ruisseau poisseux vers une destination inconnue…

Voilà maintenant deux bonnes heures que les gnomes rament et s’enfoncent dans la lande. La brume ne se lève toujours pas et le marais est silencieux. On entend de temps à autre des jurons de canards, des ploufs dans l’eau saumâtre ou un cœur de moustiques qui répète un concerto piquant. Les rames s’enfoncent dans la vase, la voile claque de temps à autre et les gnomes tentent de percer le brouillard pour y discerner quelque chose, un indice, un espoir de retrouver Otton, le cochon et la gargotte à frites. Soudain, Vries se met à crier. “Là, là, là” et pointe le doigt vers un gros rocher. Sur la pierre, deux pêcheurs gnomes sont collés comme des mouches dans du miel. Il gémissent et tentent de bouger mais n’y parviennent pas à cause de la bave. La même que celle de la rivière qui porte le chaland. Les jeunes gnomes tendent des perches pour essayer de décoller les pêcheurs mais sans succès. Armelle est formelle : “Pas le temps maintenant, il faut continuer, nous viendront les rechercher plus tard”.

Midi approche, les jeunes gnomes fatiguent et le chaland arrive devant une grande falaise qui marque la fin du marais. La rivière baveuse pénètre dans la roche par une faille immense. Sur les parois, Armelle aperçoit des centaines de limaces qui avancent en formant des motifs glaireux et compliqués. Ça ne lui dit rien qui vaille. Si de si petites bestioles parviennent à laisser des traces pareilles, imaginez la taille de celles qui ont laissé la rivière de bave ! Mais elle ne dit rien pour l’instant, pour ne pas risquer d’effrayer ses camarades. Ils avancent encore, se rapprochant sans le savoir d’un immense danger.

Alors que la rivière baveuse n’en finit pas, Armelle commence à sentir des odeurs de friture. Oui, aucun doute, quelqu’un est en train de préparer des frites. “Allons-y” hurle-t-elle à ses amis, “nous y sommes presque”. Après un dernier angle dans la faille, le chaland débouche sur une sorte de grande étendue en cercle, comme un cratère dans la falaise. Tout est recouvert de bave et au centre, quatre créatures, des limaces géantes, entourent la gargote de Otton qui fume sur un petit îlot. Déjà, des milliers de petites limaces s’avancent vers le chaland et commencent à escalader les bords, remontant doucement mais sûrement. On entend les schluuuurp schluuuurp quand elles avancent. Les jeunes gnomes essaient de les repousser avec les rames. Mais elles sont si nombreuses. “Avançons” crie encore Armelle.

Lorsque le chaland parvient à un jet de pierre des limaces géantes, les grosses bestioles baveuses se retournent et ouvrent l’orifice qui leur sert de bouche d’où dégouline des torrents visqueux. Sans plus attendre, elles avancent à la rencontre des gnomes. L’une d’entre elles escalade la parois de gauche, une autre celle de droite tandis que les deux horreurs restantes prennent de la vitesse pour fracasser l’embarcation. Que faire ? Soudain Armelle a une idée. Le sel. Ses poches en sont remplies. Rappelez-vous, les gnomes adorent les frites bien salées et emmènent toujours quelques poignées de poudre blanche avec eux, au cas où. Or, tout le monde le sait, les limaces détestent le sel. Mais en auront-ils assez pour repousser ces abominations ? Qu’importe, il faut essayer.

“Jetez-leur du sel” ordonne Armelle à ses amis. Vries est la première à réagir, elle plonge une main dans sa poche, saisit une bonne poignée qu’elle jette à la face d’une limace géante qui s'apprête à fondre sur le bateau. À peine le sel a t il touché sa peau répugnante que la créature commence à se tordre de douleur et recule lentement. Voici l’heure de l'assaut. Tous les petits gnomes s’empressent de vider leurs poches sur les attaquants. Une pluie de sel s’envole dans les airs et vient s'abattre sur les limaces qui détestent ça. Les bêtes glissent dans leur propre bave et abandonnent l’attaque. “Salez-moi tout ça !” hurle Armelle. Et le sel continue à pleuvoir.

Mais, la plus grosse des limaces, une bête haute comme trois chênes continue d’avancer, en crachant des glaires qui s’écrasent sur le pont du bateau. Quelques gnomes restent collés, de plus en plus nombreux. Le monstre est trop fort pour les petiots, il avance encore jusqu’à dominer le chaland de toute sa masse. Les jeunes gnomes se mettent alors à hurler de terreur. Un filet de bave tombe sur Armelle qui se sent désespérée. Vries est collée par la morve à deux ce ces amis. Est-ce la fin des chapeaux pointus ?

Non, car à cet instant, Otton, chevauchant Goering comme un cavalier sa monture, déboule par-dessus la tête de la bête en lui jetant de grande poignée de sel dans les yeux. La limace se tord, manque d’arracher le mât du bateau et envoie Otton voler plusieurs dizaines de mètres plus loin. Heureusement, le gros sac de sel qu’il tenait au creux de son bras tombe sur le pont, tout près d’Armelle. La jeune gnome court pour l’attraper et le lance sur la limace géante qui ne peut l’éviter. Le sac explose, le sel se répand et la créature horrible se met à fondre comme du beurre au soleil. C’est terminé. Les limaces sont vaincues, les petits gnomes sont couverts de baves mais sains et saufs. Otton se relève et approche avec son porc. “Ces sales bêtes m’ont pris par surprise au campement. Je n’ai rien pu faire. Elles voulaient que je leur prépare des tonnes de frites, pour toujours ! Merci pour votre aide, sans vous, je ne sais pas ce que je serais devenu. Maintenant, rentrons ” !

Plus facile à dire qu’à faire. Fatigués, collés, baveux, les petits gnomes ont bien du mal à remonter la rivière de morve dans l’autre sens. Mais ils y parviennent avant la tombée de la nuit. En chemin, ils récupèrent même les deux pêcheurs toujours collés sur leur rocher. Au camp d’Olenfreuf, tout le monde se lave et change de vêtement tandis qu’ Otton nettoie sa friterie roulante comme il peut et fait chauffer ses marmites d’huile. “Et maintenant, dit-il, pour vous remercier de m’avoir sauvé la vie, frites pour tout le monde” !

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