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Splatchhhh ! Le comics et le jeu

Bwooooooooo, je suis assez fier de moi. Ce qui est plutôt rare pour l’instant. Car, une fois n’est pas coutume, j’ai mené jusqu’à son terme un (mini)projet perso. Ça s’appelle Splatchhhh ! C’est à la fois un comics de 5 pages et un jeu ultra bourrin à jouer seul ou avec une poignée de copains.

Splatchhhh ! n’est pas :

  • Révolutionnaire
  • Intelligent
  • Compliqué
  • Subtil
  • Adapté aux enfants

Splatchhhh ! est :

  • Bas-du-front
  • Idiot
  • Lourd
  • Inutilement violent
  • Répétitif
  • Jouissif
  • Pensé pour être joué n’importe où avec trois fois rien
  • Complètement gratuit

Dans Splatchhhh !, vous incarnez un mercenaire (ou une compagnie complète) dont les but est d’amasser le plus de kilos de viande morte possible afin de remporter le grand concours de taillage de panses.

 

N’hésitez pas, c’est gratuit, ça n’engage à rien et je ne vous demande même pas votre email en échange (pour ceux qui voudraient néanmoins être tenus au courant de mes prochaines « créations », il suffit de vous manifester à l’adresse suivante : jeremydemeure@hotmail.com).

 

Splatchhhh ! TÉLÉCHARGER

 

 

Méta-western québécquois : Babylone et mains coupées

Voici un putain de bon roman à vous procurer les yeux fermés : À la recherche de New Babylon de Dominique Scali.

Ça ressemble à un western mais ce n’en est pas un. C’est bien plus que ça. Y a certes les décors, l’époque et les archétypes du genre mais c’est beaucoup plus subtil. Une sorte de méta-western si vous préférez.

Le bouquin commence par l’arrivée d’un prêtre amputé des deux mains dans un famille de paysans qui, après avoir joué la carte de l’hospitalité, commencent à se poser des questions sur cet étrange homme de foi atrocement mutilé. La suite est découpée en plusieurs partie autour d’un personnage principal (ou d’un couple) et d’une poignée de dates. Ça donne une structure au tout et ça facilite la lecture.

On a : un incendiaire membre d’une bande de hors la loi, un pseudo prêtre/chroniqueur, un matador recyclé et un couple voué à l’échec qui se courent plus ou moins les uns après les autres autour d’une double quête : un ville/idéal/échappatoire qui n’existe pas et une bible qui n’en est pas une.

À la recherche de New Babylone est, selon moi, un véritable page-turner mais avec une top qualité. Ce n’est pas un roman de gare mais c’est aussi facile à lire. Sincèrement, je ne l’ai pas vu passer. J’ai voyagé, je me suis amusé et j’ai été tour à tour étonné et charmé par les ambiances et les personnages. Certaines descriptions sont terriblement efficaces (me souviens de la présentation d’un aubergiste qui descend les marches une à une en se tenant à la rampe des deux mains. C’est dit simplement mais c’est tellement explicite). Le livre est plein de ce genre de petits détails qui, l’air de rien, plantent l’ambiance comme pas possible.

L’écriture est agréable malgré quelques fioritures inutiles (c’est le premier roman de l’auteur) par contre l’histoire ainsi que la manière dont elle est racontée sont vraiment excellents.

J’ai pensé à 1275 âmes, car c’est un peu le même genre d’approche : les petites affaires un brin violentes d’une bande de jambes cassées. Par contre, c’est bien moins brutal et désabusé. C’est peut-être ainsi qu’on peut se rendre compte que c’est écrit par une jeune femme. Le roman voudrait être lourd par moment mais il ne l’est qu’à moitié. On veut parfois être tragique mais il manque un peu de tripe derrière. Maintenant, ce n’est clairement pas ce qu’il y a à rechercher dans cette lecture (je donne juste mon point de vue selon mes goûts très personnels).

À la recherche de New Babylone est un super mélange entre un Tarantino soft (pour les persos mémorables), un western de qualité (pour les ambiances) et une touche d’autre chose de beaucoup plus européen, plus philosophique et/ou initiatique (l’auteure est québecquoise d’ailleurs). Même si cela ne veut sans doute pas dire grand, grand chose, la première pensée qui m’est venue pour écrire cette critique crado était : Hermann Hesse qui se serait essayé au western pulp. Je ne sais pas si ça vous parle mais… Lisez, c’est bon !

Je viens de commencer Un jardin de sable et ça s’annonce monumental !

La misère du pachyderme

Une grosse drache tombe tout droit sur le champs de bataille silencieux de Perk. Les combats terminés, des centaines de corps gisent dans un abjecte mélange de boue, de sang et d’autres fluides humain. Ça et là, un léger mouvement brise l’immobilisme de la scène parmi les pics et les épées abandonnées.

Un bras implorant cherche de l’aide avant de retomber, une tête à moitié décapitée branle sur une épaule qui finit de se désosser autour d’un fer de hache, un demi-homme rampe dans la fange, plus lent qu’une limace, traînant ce qui lui reste d’organes comme un prolapse géant. Quelque oiseaux sombres croassent de temps en temps en réponse aux râles des agonisants dont ils picorent les chairs. La plaine est calme à l’exception de la pluie, au loin les lourdes pierres des Monts Bruns se perdent dans la grisaille et les forêts aux arbres tordus par l’ennui se mêlent à l’horizon gauche de cet après midi d’automne.

Un bruit de pas mouillés se fait entendre, lent, extrêmement lent et étrangement saccadé. Succion indécent parmi les morts et ceux qui préféreraient l’être. La masse est lourde, elle impose bruyamment sa marque dans la boue. Un colosse s’ébranle et piétine les moribonds. Ce n’est pourtant qu’un homme, grand certes mais surtout d’une complexion singulière. Peint en portrait il paraîtrait même beau s’il n’était couvert des crasses de sa triste besogne. Mais c’est le bas de son être qui pêche et chie à la face du beau. Les hanches, les jambes et les pieds sont disproportionnés, énormes. On imagine la mère du bougre frayant avec un démon/pachyderme. Donnant à son rejetons la demi apparence d’un monstre exotique comme ceux que l’on devine dans les gravures anciennes taillées par des artistes fous. Cette déformation entrave la marche de l’homme qui peine aux moindre pas. Lentement il avance un de ses membres gigantesques que ne ratrappe aucune symétrie. La masse s’arrête alors, cherchant un équilibre précaire. Puis, l’autre membre tente de rattraper le premier sans s’y enfoncer. L’homme tangue lorsqu’il se meut puis s’aplatit presque sur lui même lorsque ces amas de chairs qui lui tiennent lieux de jambes/pattes s’immobilisent. Les hanches tordues rechignent à remplir leur rôle, préférant conférer à la silhouette une apparence encore plus abominable.

Continuer la lecture

Une peluche tordue et un resto ouvert la nuit

La cantine de minuit

La cantine de minuit, tome 1 de Yarô Abe est excellent. Rassurant. Un lieu où l’on voudrait aller. Faudrait vraiment que ce genre de table existe vraiment pour les insomniaques. Des pages qui donnent faim. Des dessins étonnamment plaisants. On y parle de tranches de vies et de tranches de bouffes (dans le détail), gentiment. Il y a un côté contemplatif très agréable et une bonne humeur rafraîchissante. Beaucoup de personnages sympathiques et un patron qu’on aimerait rencontrer, un grand type, clope au bec et balafre à l’œil, très stoïque.

Gleipnir

Gleipnir, tome 1 et 2 de Sun Takeda. Une idée de base excellente : un gamin se transforme en nounours géant et rencontre une fille capable de rentrer dans ce corps monstrueux comme dans un costume. Mais la trame est un peu naze et l’action molle du genoux. J’aurais voulu la chose beaucoup, beaucoup plus violent et cru. « Public averti » parce que l’on y voit un bout de sein ou l’ébauche d’une fesse. Manque clairement de brutalité pour être vraiment bon. Une fois de plus, l’idée que je me faisais de la chose dépasse largement la réalité. Dommage mais à continuer quand même au cas où…

***

Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer un crossover de ces deux séries. Une histoire où le couple bizarre de Gleipnir (en mode fusion) viendrait casser la croûte à La cantine de minuit pour causer de leurs déboires. Ce serait juste énorme.

Je suis en train de lire « À la recherche de New Babylon« , un western couillu vraiment bon qui démarre avec l’apparition d’un prêtre aux mains coupées…

Tatouage de Manuel Vazquez Montalban

Tatouage n’est pas le premier roman que je lis de Montalban. J’ai commencé par “J’ai tué Kennedy” sur la recommandation d’un libraire oldschool durant l’un de mes stages à Namur. Ce monsieur, m’avait marqué à l’époque. Je passais tous mes temps de midi dans sa bouquinerie. Nous y discutions de différents sujets et de bouquins évidemment. Il m’a rapidement recommandé l’oeuvre de Montalban, m’affirmant qu’on y parlait de crimes, de femmes et de nourritures de la plus belle des manières.

J’avoue n’avoir gardé de cette première rencontre qu’un vague souvenir positif. Car il me manquait alors quelque chose que pour plonger convenablement dans cette série d’intrigues montalbanaise. Et, jusqu’alors, je ne savais pas quoi.Tatouage m’a apporté la réponse. De toute évidence, ce qu’il me fallait c’était une présentation en bonne et due forme du personnage principal : Pepe Carvalho.

Dans Tatouage, première enquête de ce détective privé hors-normes, on découvre l’homme, son goût pour la cuisine de qualité, son étrange relation avec une prostituée indépendante et le regard particulier qu’il porte sur le monde. On apprécie la description de ces soirées/nuits que Carvalho passe à cuisiner et à fumer des cigares dans son canapé devant le feu ouvert de sa maison/garçonnière.

Tatouage, c’est l’histoire d’un tatoué crevé, échoué sur une plage et dont on découvre lentement le parcours. Mais c’est aussi et surtout, l’enquête menée par Carvalho. Enquête entrecoupée de plats à vous mettre l’eau à la bouche, de belles descriptions de différentes villes (Amsterdam, Barcelone, Rotterdam,…) et de rencontres attachantes.

Le roman est écrit correctement, il se lit rapidement et laisse une belle impression en tête. Il donne envie de voyager et de cuisiner pendant des heures. À lire tranquillement et sans prise de tête. Pour ma part, j’ai hâte de découvrir la suite.

1275 âmes de Jim Thompson

Si vous avez besoin d’une lecture rapide et jouissive, lisez ce bouquin. 1275 âmes c’est l’histoire d’un type qu’on a trop longtemps emmerdé. Shérif de la petite bourgade de Pottsvilles, Nick Corey nous raconte ses déboires avec sa femme, ses maîtresses et ses administrés. C’est que tous ces gens lui en font baver au Corey. Mais le Corey est malin et fainéant, un sale mélange, qui leur retombera bien vite sur le coin de la tronche.

 

J’ai aimé l’adaptation française de ce roman, Coups de torchons avec Philippe Noiret. C’était sombre, drôle par moment et percutant. Le livre original est encore meilleur. Thompson connaît clairement son affaire. Lui même fils d’un ancien shérif recyclé dans le pétrole, il cumule toute sa vie des boulots variés, boit comme un trou, manque de succès… un bon réservoir s’il en faut pour ce récit ultra sombre de l’Amérique profonde des années 1910. Ça tue, ça claque de la fesse, ça manipule et le résultat réveille !

 

 

Voici le portrait d’une vengeance, d’un trop plein, longtemps cogité, habile et noir, noir, noir, noir… N’y cherchez pas d’espoir ni de morale. Il n’est question que de défouloir en mode hardcore. Bien écrit, rapide à lire, immanquable selon moi.

Focus, focus… il est temps

Un bref article pour expliquer où j’en suis. Ceux d’entre vous qui viennent par ici de temps en temps auront remarqué les changements successifs de ce blog. À vrai dire, je ne sais pas trop quoi en faire pour l’instant.

Comme d’habitude, j’ai beaucoup d’idées de projets. Mais aucun n’avance réellement et il faut que cela cesse. C’est pourquoi, je tente un dernier essais. Je ne me donne aucune ligne directrice autre que celle de me FOCALISER sur un projet à la fois et de tenter de les mener à leur terme…enfin !

C’est littéralement cauchemardesque pour un esprit tel que le mien que de penser, penser, penser et ne pas avancer. C’est un peu comme si vous surchargiez votre tête sans le vouloir. Les idées s’accumulent, elles grossissent sans sortir et ça crée un trop plein douloureux. Alors stop. Une chose à la fois, sans stresse mais sans trop attendre non plus. Il faut que j’arrête de penser pour agir, arrêter de planifier (et douter) pour produire.

Si j’étalais sur le sol, les dizaines (voir centaines) de feuilles A4 couvertes d’idées d’histoires, de scénario, de jeux, de débuts d’article, etc, je pense qu’il y aurait de quoi tapisser ma maison et celle du voisin. C’est très pénible.

Alors voilà, je pense me retirer des quelques collaborations/projets pour d’autres que j’avais en perspective et me concentrer sur ma production propre. Voici un début de programme (que j’adapterai sans doute) qui me servira de guide pour les semaines/mois à venir.

  • Un livre sur le marketing qui devrait sortir bientôt sur Amazon (il est fini à 98%)
  • Une version PDF de Mr. Bouquin, une histoire pour enfant qui n’a que trop traîné
  • Deux scénarios de comics et/ou roman graphique. Le premier raconte l’histoire d’une mégère carolo qui exploite les fantôme d’une rédaction, vend de la chaire de monstre à un resto à sushi et fini par connaitre un sort peu enviable. Le deuxième met en abîme trois histoires : celle d’un type que j’aurais pu devenir il y a quelques semaines de cela (il claque son job de consultant pour monter des pneus la nuit, cogite de l’astrophysique et dessine l’histoire d’un super héros), celle de ce super héros (un catcheur de kermesse qui se découvre de véritables pouvoirs et grave l’histoire fantasmée de l’une de ses idoles) et enfin l’histoire plus ou moins réelle d’un ancien lutteur belge (l’idole en question).
  • Une série d’histoires qui se passent dans un manège magique situé en dessous d’un autre bien réel accompagnées (peut-être) d’un jeu de rôle d’initiation pour les enfants. Ce projet est clairement pour faire plaisir à ma fille.

Ensuite et sans ordre particulier…

  • L’histoire d’un cheval à huit pattes
  • MST, l’histoire d’un angelot déchu tombé en plein moyen âge qui va tenter d’imposer son réseau de maisons closes sur la ville et va devoir lutter avec une armée de poulpe
  • Un jeu de rôle très pulp qui se passe en mer
  • Un livre de cuisine mixé avec une campagne mercenaire pendant la guerre de trente ans
  • Un jeu de plateau avec des petits cochons et des labyrinthes
  • Une série d’histoires mettant en scène un extraterrestre à la recherche de ses origines

….

Voilà. Tu veux du pulp et de l’originalité, je vais t’en donner moi ! Y a du boulot mais il faut absolument que ça avance.